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  • Photo du rédacteurandranedebarry

N'oublions pas la Birmanie



Lokah Samastah Sukhino Bhavantu May you feel peace in your heart May love be who you are May everyone everywhere be happy
Feel compassion and be free
May everyone everywhere be happy
Feel compassion and be free


C'est avec ce mantra dans les oreilles que j'ai passé la frontière birmane en Décembre 2016. Un peu fatiguée par les trois mois que je venais de passer à sillonner en solitaire le Laos, le Cambodge et la Thaïlande, de bus vieux comme le monde en auberge de jeunesse bruyante, j'avais envie de retrouver un peu de confort.


Ce n'est pas ce que j'ai trouvé en Birmanie. Il faut vivre avec une grande simplicité dans ce pays pour en apprécier les richesses.


© Andrane de Barry


Je me suis levée à l'aube pour observer les moines recueillir des offrandes dans un ballet d'une grâce absolu.


Je suis allée méditer dans des temples avec la plus grande discrétion pour respecter leur silence. J'ai passé des heures à penser ou écrire dans mon carnet adossée contre des pierres à l'Histoire chargée.

J'ai écouté au marché le brouhaha teinté de douceur d'un peuple discret.


Je suis montée à l'arrière de motos conduites par des birmans fiers de me montrer leur si beau pays.





J'entends encore les rires des birmanes, s'apercevant au cours d'un déjeuner chez l'habitant que mon pantalon avait craqué au mauvais endroit (les risques du métier de photographe contorsionniste). Pour ensuite m'emmener dans une chambre à l'abri des regards et m'enrouler dans un pagne un thé à la main, le temps de recoudre le trou, sans que je leur ai demandé.

Par pure gentillesse.


© Andrane de Barry

Je les revois encore m'appliquer avec malice du thanaka sur le visage, pour me maquiller telle que le veut la coutume locale, me protéger du soleil et autres maux. Je sens encore cette odeur de bois de santal qui se dégageait de la pâte utilisée.



J'entends le rire de ces enfants résonner dans ce temple vêtu de blanc, le vrombissement de la moto qui leur permettait de tester les limites de la vie, librement.



Je me souviens de cette dame au regard bleu acier, qui m'avait gentiment ouvert la porte de

chez elle, pour me raconter l'histoire de sa vie et celle de sa famille

en fouillant dans sa mémoire.



Je me souviens de de cette petite fille au visage doux, heureuse d'être photographiée aux côtés de sa grand-mère. Et de cette lumière qui n'a fait que sublimer leur deux visages fiers.


© Andrane de Barry

Je me souviens de la transmission, d'un père à son fils. De l'amour entre ces deux-là, de leur conseils bienveillants qui m'ont appris tant de choses sur l'artisanat birman. De leur cadeau que je garderais toujours précieusement chez moi.



Je repense à la vie quotidienne qui se déroulait sous mes yeux dans les campagnes birmanes. A la tranquillité des gens, à leur joie de vivre et leur insouciance si fragile.



Je repense aux regards que j'ai croisé, à cette homme joyeux, à cette femme passant furtivement sur son charmant balcon, à ce vieillard mystérieux.



© Andrane de Barry


Je repense à la quiétude du lac Taung Tha Man au petit matin,

à leur travail quotidien dont j'étais le témoin,

mon appareil photo à portée de main.



Depuis quelques mois, ce pays merveilleux qui m'a tant marquée

est à nouveau dans le chaos.


Ses habitants se retrouvent sous le joug de la junte birmane, et les nouvelles que je reçois régulièrement d'un ami habitant à Rangoun, ne sont pas bonnes. L'Histoire se répète tristement pour ce peuple courageux.


Trouver la paix.

C'est ce que les birmans méritaient après des années de dictature militaire et de privation des libertés fondamentales.



Aujourd'hui je pense à eux et à leurs prières.


Je leur souhaite qu'elles soient entendues pour que cette nouvelle page

sombre de leur Histoire se tourne définitivement.



Que l'obscurité ne se fasse plus jamais sur l'avenir des birmans.

Plus jamais.












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